samedi 8 octobre 2011

Thaïlande: sortez les mouchoirs

 


Nous pleurons. Il y a encore quelques heures, nous étions en Thaïlande – certains agrippés aux nichons d’une fille, d’autres à siroter une bière en présence de celle à qui on a promis de revenir le plus vite possible, et d’autres, enfin, à prier Bouddha, Jésus ou Allah pour qu’un nuage de cendres dégagé par l’éruption soudaine d’un volcan entraîne la fermeture de l’espace aérien et leur octroie de facto une semaine supplémentaire au pays du sourire. Nous nous appelons John, Otto, Pablo, Akim, Jacek, Philippe ou Massimo. Nous sommes originaires d’Europe, d’Amérique et d’ailleurs. Nous sommes venus en Thaïlande pour :
a) profiter du soleil, de la mer et du sable chaud – avec, bien sûr, le sexe qui va avec ;
b) trouver l’amour – avec, bien entendu, le sexe qui va avec ;
c) faire blanchir nos dents à un prix défiant toute concurrence pour, ensuite, distribuer des sourires à la pelle dans les bars et les discothèques de Ko Samui ;
d) participer à un séminaire sur l’affaissement des sols argileux de la capitale thaïlandaise – un prétexte comme un autre pour coucher avec une jeune et jolie autochtone ;
e) avoir autre chose qu’un club de football à aimer – et faire l’amour à cette autre chose autrement qu’en vociférant : « Paris, Paris, on t’encule ! »
Notre Boeing est en pleurs. Il pleut des larmes au-dessus de la Birmanie, de l’Inde, du Pakistan, de l’Ukraine… tous ces pays que nous survolons sur la route du retour et que nous irriguons de nos larmes d’amour, lesquelles, à la différence des polos, des montres ou des jeux vidéo qui remplissent nos valises, ne sont pas contrefaites.


Extrait de la nouvelle Nos chéries nous attendent, du recueil Thaïlande guili-guili écrit par Cyril Namiech (à paraître début 2013 aux éditions Gope

Le meilleur plan pour rencontrer des Thaïlandaises

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